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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 13:33

A l'occasion de la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme (dont j'ai déjà parlé) célébrée de 2 avril prochain (samedi !), M. Ban Ki-Moon, secrétaire général de l'ONU s'est exprimé ainsi :

 

 

"Le nombre d’enfants et d’adultes atteints d’autisme continue d’augmenter sans distinction de nationalité ou d’appartenance raciale, ethnique ou sociale.  Même si les troubles autistiques sont de mieux en mieux compris par la communauté scientifique, le milieu médical et les personnels de soins, ils restent globalement mal connus.  La célébration annuelle de la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme revêt donc une importance grandissante car elle offre la possibilité de mobiliser des forces pour agir et aider.

Les enfants et les adultes atteints d’autisme, qui sont en butte à d’énormes problèmes de stigmatisation et de discrimination, ne sont pas assez aidés.  Beaucoup doivent surmonter de multiples obstacles au quotidien.  Ils sont bien trop nombreux à endurer un isolement, de mauvais traitements et des discriminations terribles qui portent atteinte à leurs droits fondamentaux.

L’autisme est un trouble complexe mais, dans bien des cas, un traitement adapté et précoce permet de constater des améliorations.  C’est pourquoi il importe tellement de faire un travail de sensibilisation aux manifestations de l’autisme et de proposer des services aux personnes atteintes le plus tôt possible.

Il est également crucial de soutenir les parents, de créer pour les personnes autistes des emplois axés sur leurs compétences et leurs points forts, et d’améliorer la prise en charge des jeunes autistes dans le système éducatif public.

Ces mesures qui bénéficient aux autistes, à leur entourage et aux autres ne peuvent que profiter à l’ensemble de la société.  Comme l’a dit une mère d’enfant autiste: « Le chemin que ma fille a parcouru est certes long mais le mien a été plus long encore ».

Suivons ensemble cette voie vers un monde plus humain qui ne laisse personne au bord de la route."

 

 

 

Espérons, comme il l'affirme, que cela offrira "la possibilité de mobiliser des forces pour agir et aider".

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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 13:48
Dans le cadre de la journée mondiale de l'autisme du 2 avril, la campagne du collectif autisme : "Scolarisation et éducation des enfants autistes" a débuté hier, 24/03/2011.

Le collectif Autisme est composé de cinq fédérations et associations: Autisme France, Sesame Autisme, Autisme sans frontières, ProAidautisme et AspergerAide. 
La brochure :
 
"Les enfants autistes ont besoin d’apprendre comme les autres
Scolarisation et éducation des enfants autistes"
 
a été tirée à 65000 exemplaires pour les écoles maternelles et primaires.

En voici quelques extraits :
Sans-titre-1.jpg
Sans-titre-2.jpg
Sans-titre-3.jpg
Retrouvez toutes les infos sur le site du Collectif autisme (vous pouvez aussi y télécharger la brochure complète) :
Interview avec Danièle Langlois présidente d'Autisme France. sur LCI  ici
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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 21:56

Il m'arrive de reprendre d'anciennes pages et d'y ajouter quelques exercices...

 

Je viens par exemple de poster un nouvel exercice que j'ai construit aujourd'hui pour apprendre la notion de centimes quand les prix ronds sont bien maitrisés.

C'est ici !

 

Je me suis dit qu'en le mettant dans un article, ce serait plus facilement visible (à quoi bon aller relire des pages déjà explorées sinon ?)

 

J'ai aussi rajouté des exercices dans Léo & Léa il y a peu de temps (les syllamots, c'est nouveau !).

C'est là !

 

Je ne sais pas si ça se voit quelque part quand je fais des modifications comme ça, alors je préfère prévenir !

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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 14:35

Tout ce que je poste sur ce blog concerne uniquement une partie du travail avec mes élèves.

 

En effet, je ne suis qu'une enseignante. Je ne sais apprendre à mes élèves qu'une toute petite partie de ce qu'ils doivent connaître ! C'est la partie scolaire : ce que l'école doit leur apprendre m'incombe.

Mais les enfants atteints d'autisme doivent TOUT apprendre, et la partie scolaire n'est pas forcément celle qui est primordiale !

 

Même les adultes Asperger qui témoignent insistent sur ce point : tout doit leur être expliqué, alors que les neurotypiques observent et reproduisent... pour eux, tout doit être décrypté, décomposé, enseigné.

 

Mon établissement donne vraiment aux jeunes qui y sont accueillis les moyens de progresser... Par cela, j'entends les moyens humains. Car pour faire progresser un groupe d'enfants atteints d'autisme, il faut être plusieurs. Il faut être une équipe.

Pour chaque groupe de la section TED dans laquelle je travaille, il y a 3 éducateurs à temps plein.

Ce qui donne pour 6 élèves : une enseignante à mi-temps et 3 éducateurs à temps plein, soit à peu près 2 élèves par adulte. C'est un encadrement énorme ! Mais il est indispensable pour que les élèves soient sans arrêt stimulés et progressent comme ils le font.

 

Ce sont les éducateurs qui font le plus gros du travail !

Ils apprennent à mes élèves à s'insérer dans la société, à savoir être autonomes au quotidien.

A l'atelier, ils font de la cuisine, de l'entretien des locaux, ils vont faire les courses, apprennent à s'habiller, se déshabiller, être propres, bien se comporter, ne pas s'automutiler, se moucher, ne pas être violents... etc...

 

Avec moi, ils ne font qu'apprendre à lire et compter (en gros)... Ce n'est vraiment pas grand chose, finalement !

 

Bien sûr, nous travaillons ensemble et c'est vraiment très important de ne pas cloisonner notre travail.

En classe, nous reprenons beaucoup ce qui est fait à l'atelier. Je me sers souvent de ce qu'ils font avec les éducateurs pour les motiver à travailler.

Nous décidons de tout ensemble : le temps scolaire de chacun dépend de ses besoins et de ses possibilités.

Le règlement est le même en classe et à l'atelier.

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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 18:41

Je ne parle pas de graphisme, mais bien d'écriture.

 

Pour les élèves qui arrivent dans ma classe (à 16 ans) et qui n'ont jamais réussi à écrire une lettre ou un chiffre à cet âge, je ne m'acharne pas : j'estime que l'adolescence n'est plus un âge où faire du graphisme.

 

Pour ceux qui sont en cours d'apprentissage de l'écriture de leur prénom, je continue, bien sûr ! Le fait qu'ils puissent signer est assez important pour qu'on se batte : il faut qu'ils y parviennent s'il y a la moindre chance pour qu'ils en soient capables !

 

La plupart des élèves qui arrivent dans ma classe écrivent en majuscules d'imprimerie.

 

L'écriture cursive (en lié) pose énormément de problème aux élèves avec autisme. En passant par l'écriture en majuscules, ma collègue leur permet de réaliser quelques petites production d'écrits, et c'est quand même bien plus motivant pour avoir envie de se donner le mal d'écrire en lié après !

 

Quand je dis qu'il faut de la motivation pour la cursive, ce n'est pas exagéré du tout : écrire des mots d'une traite est vraiment très compliqué pour mes élèves !

 

D'ailleurs, j'ai recopié un passage du livre de Daniel Tammet "Je suis né un jour bleu" où il explique que lui aussi trouve cela compliqué :

 

" L'écriture était toujours fastidieuse. Certaines lettres, le g et le k en particulier, étaient fatigantes parce que je n'arrivais pas à me rappeler comment il fallait faire. Je m'entrainais à écrire des lignes et des lignes de g et de k, feuille après feuille, mais leur boucle et leur bras n'étaient pas naturels pour moi et il me fallut beaucoup de temps avant d'être capable de les réaliser avec confiance. J'étais à la traine, incapable d'écrire des mots en reliant les lettres les unes aux autres. Si les lettres étaient déjà difficiles une à une, les combinaisons telles gh et th étaient impossibles à exécuter d'une seule traite. Encore aujourd'hui, j'écris la plupart des lettres d'un mot l'une après l'autre. "

 

Il faut pourtant bien avouer que l'écriture en majuscules d'imprimerie leur prend un temps fou... bien souvent, elle est aussi plus grande et la moindre phrase-réponse demande plusieurs lignes...

 

J'ai donc longtemps cherché une solution pour réussir à faire entrer mes élèves dans l'écriture cursive... (cela me parait très important pour une bonne intégration dans la vie quotidienne - et puis un de mes élèves est scolarisé avec un de mes collègues une heure par semaine... on s'est rendu compte qu'à cette occasion, c'est son écriture qui pose le plus de problème !)

 

Un des moyens que j'utilise est la copie sur ordinateur (j'en parle ici ). Quand ils ont le niveau pour recopier de l'écriture cursive, je leur fais écrire avec la police "CURSIVE"...

Un de mes élèves m'a un jour dit : "C'est dur d'écrire en lié !", alors qu'il le faisait dans WORD !!!

Comme quoi, il n'y a pas que le geste d'écriture qui leur pose problème, mais aussi la succession des lettres sans découpage ! Même en tapant sur chaque touche, ça lui paraissait difficile de voir le mot écrit sur l'écran !

 

 

L'autre vrai moyen que j'ai trouvé pour réussir à faire écrire mes élèves en lié, c'est la méthode de Danièle Dumont. Danièle est ré-éducatrice en écriture. Elle est formidable ! Son livre est passionnant, il s'appelle "Le geste d'écriture".

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Elle a aussi créé toute une série de petits carnets d'écriture qui ne sont pas très chers et très bien faits (grâce à ses connaissances inouies).

   1 2  3     

456

 

 

Voici le lien de son site.

Grâce à elle, j'ai compris que l'écriture en lié est avant tout un déplacement du poignet qui ne s'obtient pas en alignant des traits horizontaux ou verticaux sur des lignes... puisque ces traits ou autres graphismes sont toujours détachés les uns des autres : il faut vraiment travailler la fluidité du geste d'écriture.

      Le cahier 1 de maternelle (le tout premier de la série) est particulièrement bien fait pour apprendre les bases des gestes que nécessitent l'écriture... Et la méthode d'apprentissage est vraiment très pratique pour rendre les élèves capables d'écrire en cursive.

 

J'ai en plus la chance d'avoir pu joindre Danièle Dumont à plusieurs reprises, et elle m'a apporté une aide énorme dans la prise en charge de mes élèves.

 

 

Si j'ai le temps, je réaliserai bientôt une page consacrée à ce sujet... mais je ne promets rien...

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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 19:06

C'était le 29 mars, sur France 5.

La vidéo de ce film n’est plus proposée sur le Portail de France 5, car ses droits de diffusion en ligne ont expiré.


Ce documentaire était très intéressant, mais encore une fois, il ne faut pas généraliser et penser que ce genre de progrès est possible pour tous les enfants atteints d'autisme...

Bien sûr, sans essayer, on est sûrs de ne pas y arriver...

Mais en se donnant beaucoup de mal et en ayant beaucoup d'espoir, on peut aussi rester sur place... et y perdre la santé si on y a trop cru...

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 10:27

Me voilà de retour d'une semaine de vacances...

 

Je remercie tous ceux qui m'ont envoyé des messages : ça fait vraiment du bien de lire que pendant mon absence, mon blog a non seulement été lu, mais il a servi à certains d'entre vous !

 

Vos témoignages m'aident à continuer, ils me donnent envie de prendre le temps de poster encore plein de choses, même si je ne promets rien, hein !

 

Il y a encore un mois, ce blog tournait à 5 visiteurs par jour en moyenne... quand 30 pages étaient lues dans la journée, c'est que j'en avais relu 25 !!!

Maintenant, vous êtes beaucoup plus nombreux à venir lire : 331 pages lues le 25 février !!! (même si je ne sais toujours pas pourquoi : cet attrait est venu du jour au lendemain !!)

 

Merci à tous de votre intérêt !

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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 14:59

Je trouve qu'on entend souvent ça...

 

Pourtant... Les troubles envahissants du développement ont divers origines dont, on en est sûrs maintenant, un fonctionnement du cerveau différent que Laurent Mottron appelle : "L'autre intelligence" (J'adôôre !)

 

Sortir de l'autisme...

 Cela voudrait dire qu'on apprend au cerveau à fonctionner d'une autre façon ? De façon innée, ce cerveau était celui d'une personne autiste... avec toutes les caractéristiques décrites ici

mais grâce aux soins prodigués il fonctionne maintenant comme celui d'une personne neurotypique...

Pourtant, ce cerveau a gardé ses caractéristiques, on ne l'a pas 'remodelé' physiquement... Il est le même théoriquement... On lui a juste appris à fonctionner comme quelque chose qu'il n'est pas : un cerveau de neurotypique...

 

Alors soit on a vraiment réussi à "corriger" ce cerveau et à le faire fonctionner comme quelque chose qui nous paraît "normal"...

Soit on lui a appris à faire semblant de fonctionner comme ceux qu'on trouve "normaux"...

 

D'un côté comme de l'autre, personnellement, je trouve ça triste...

 

 

Je sais que c'est facile à dire quand on n'est qu'une enseignante... Je comprends qu'en étant maman d'un enfant autiste, on doit voir les choses autrement... et je sais que "sortir de l'autisme" peut être le rêve de beaucoup d'adultes atteints de TED...

 

Mais je veux dire qu'en tant qu'enseignante, ce n'est pas le rôle que j'ai envie d'avoir...

 

Je ne veux en aucun cas sortir mes élèves de l'autisme !

 

Je les trouve tellement géniaux comme ça ! Ils ont cette "autre intelligence" dont parle Laurent Mottron ! Ils m'enrichissent tous les jours de leur autisme ! J'ai plein de choses à leur apprendre, et c'est ce que je fais, mais eux me rendent largement ce que je leur apporte : ils sont tellement vrais, authentiques !! Pourquoi vouloir en faire de simples neurotypiques ???

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 10:35

Quand on lit les très nombreuses biographies de personnes atteintes d'autisme, on se rend vite compte que le moment du diagnostic est très important pour chacunes d'entre elles.

 

Evidemment, ces biographies ont toutes été écrites par des personnes capables de le faire... et je sais bien que mes élèves, avec leur déficience associée, ne seront jamais capables d'exprimer autant de choses.

 

Mais cela m'a fait réfléchir...

 

Mes élèves aussi ont le droit de savoir qu'ils sont atteints d'autisme... que ce qui les rend différents est identifié, qu'ils ne sont pas les seuls à avoir ces symptomes... qu'ils peuvent réussir à vivre très heureux avec ce diagnostic et que ce n'est pas une maladie, mais un handicap.

 

On s'appuie très souvent sur les récits des autistes de haut niveau ou sur les remarques des personnes Asperger pour comprendre les autres personnes atteintes d'autisme... ce n'est pas pour rien si on parle de "spectre autistique" : même s'ils sont très différents de mes élèves, c'est en lisant tous ces témoignages que petit à petit on peut essayer de comprendre la façon de penser des personnes autistes... on peut essayer de voir les choses comme les personnes autistes les voient.

 

Dans ma classe, tous mes élèves sont différents... Certains n'ont pas les moyens de comprendre ce qu'est l'autisme... C'est quelque chose de très abstrait, c'est déjà difficile à comprendre pour les chercheurs, alors pour mes élèves les plus en difficulté, cela me parait vraiment être impossible...

 

Mais je suis persuadée que certains ressentiront un réel soulagement à comprendre ce mot "AUTISME" qu'ils doivent avoir entendu souvent sans le comprendre. Même s'ils n'en ressentent pas vraiment le besoin et ne nous demandent jamais textuellement : "C'est quoi l'autisme ?"

 

La première chose à faire quand on part dans cette direction, c'est de bien réfléchir pour ne pas se tromper : dans cette entreprise, on n'a absolument pas le droit à l'erreur... il ne faut pas déclencher chez les élèves de nouvelles angoisses en abordant ce sujet avec eux !

 

Cela fait trois ans que ce projet trotte dans ma tête... j'en ai parlé avec la psychologue de l'établissement, avec de nombreux professeurs lors de mon capa-sh... et puis j'ai rencontré Stéfany Bonnot au MIN autisme à l'INS-HEA, grâce à Christine Philip. Stéf (comme elle veut qu'on l'appelle) est diagnostiquée Asperger ; son métier est d'aider les AVS qui s'occupent d'enfants autistes, elle est donc très calée pour répondre à ce genre de questions...

 

Aucun de ces professionnels n'a eu de réponse catégorique à mes questions : "Y a-t-il un risque à aborder l'autisme avec mes élèves ?", "Est-ce qu'ils peuvent être plus angoissés avec ces connaissances ou alors ces séances ne peuvent-elles être que positives ?"

 

Parce que là est l'important : s'il y a le moindre risque pour qu'un seul de mes élèves soit gêné par mes propos sur l'autisme, alors mieux vaut appliquer le principe de précaution et ne rien faire. Mieux vaut ne pas aborder un sujet si je n'y ai pas parfaitement réfléchi avant et que je ne maîtrise pas les conséquences que cela peut avoir sur les élèves.

 

Personne ne m'a vraiment dit : "Tu peux y aller, il n'y a aucun risque."

 

Et je le conçois. Comme pour chaque séance avec des élèves atteints d'autisme, il faut adapter à chacun ce qu'on compte dire et même si on doit en parler ou non.

 

Alors je me suis tournée vers les personnes qui connaissent le mieux mes élèves : leurs parents. Ils sont les seuls qui savent exactement ce que ces séances pourront déclencher chez leurs enfants, ils sont les seuls à savoir comment réagissent leurs enfants quand on parle d'autisme devant eux...

 

Donc après avoir déterminé avec quels élèves j'avais l'intention de travailler, j'ai demandé à leurs parents ce qu'ils en pensaient... Et leurs réactions ont toutes été positives ! Une seule famille m'a dit : "Il ne comprendra pas.", les autres ont trouvé que c'était une très bonne chose de savoir tout cela avant de quitter l'établissement (en effet, ces élèves vont avoir 20 ans et seront considérés comme des adultes dès l'an prochain).

 

Le plus difficile restait à faire : trouver des images afin de me faire comprendre de ces 3 élèves... et trouver comment faire, de quoi partir, dans quel ordre...

 

 

J'ai posté les outils que j'ai fabriqués ainsi que la façon dont j'ai procédé sur cette page :  Leur dire qu'ils sont autistes et ce que ça veut dire.

Mais encore une fois, c'est une façon de faire, c'est celle que j'ai choisie pour cette classe, mais ce n'est absolument pas un exemple à suivre forcément ! Je ferais certainement différemment avec d'autres élèves !

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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 18:56

L'autisme et les émotions :

On entend souvent que les personnes atteintes d'autisme ne ressentent rien ou qu'elles ne comprennent rien ni aux émotions, ni aux sentiments... mais c'est totalement faux ! (voir Josef Schovanec décrypte sa façon de ressentir les émotions.)

 

Pourquoi se mettraient-elles en colère alors ?

 

Elles paraissent souvent indifférentes... Elles n'expriment pas leurs émotions de la même façon que nous et elles ne comprennent pas du tout la façon dont nous exprimons les nôtres...

 

Mais les personnes atteintes d'autisme pullulent d'émotions ! C'est même souvent ces émotions qu'elles ne savent ni gérer ni exprimer qui les rendent si fragiles.

 

Mes élèves sont de véritables éponges à émotion : si je suis contrariée, ils seront nerveux... Si quelque chose me tracasse, ils ne se sentent pas bien... parce que je ne suis pas comme d'habitude, et qu'ils aiment que rien ne change.

 

Quand N. lit, ça me fait toujours des frissons partout parce que je sais quels efforts elle fait pour ça et que c'est notre travail ensemble qui l'a amenée à la lecture... Au début, j'en avais les larmes aux yeux et je le laissais paraître : je la félicitais chaleureusement car j'étais très émue. Et bien elle détestait ça : ça la bloquait complètement et elle était très gênée : elle ressentait mon changement et ça la mettait très mal à l'aise. Maintenant, je reste impassible... mais c'est dur !

 

Un autre exemple : il m'est arrivé plusieurs fois d'être victime de la violence d'un élève.

La première fois que ça a été assez "chaud", j'ai eu tendance à appréhender les séances scolaires avec cet élève, je ne le regardais plus de la même façon (j'ai toujours un regard très positif sur mes élèves, je les trouve géniaux !).

Et bien mon élève a tout à fait ressenti cette appréhension et il ne prenait plus autant plaisir à venir en classe, il progressait beaucoup moins. C'est d'ailleurs en analysant ses résultats que je me suis rendue compte que mon regard sur lui avait changé... Je ne pouvais pourtant pas lui tenir rigueur de sa violence (qui n'était pas vraiment tournée contre moi, mais qui était l'expression d'un grande angoisse).

J'ai alors pris sur moi pour que mes sentiments changent à son égard et que l'appréhension cesse : après tout, je n'ai jamais vraiment eu peur de lui, c'est juste que je guettais une éventuelle crise alors que je peux très bien me forcer à ne pas y penser... Tout est rentré dans l'ordre à partir du moment où je me suis rendue compte que je devais agir avec lui comme avant.

 

 

 

L'incompréhension de la communication non verbale :

 

Le fait de ne pas comprendre ce qu'expriment les autres sans parler est très handicapant, surtout quand il s'agit d'émotions fortes. Une mère qui pleure devant son enfant, c'est déjà parce qu'elle craque... Si son enfant se met alors à rire : cela devient vraiment difficile à vivre... C'est pourtant la réaction la plus fréquente chez un enfant atteint d'autisme.

 

Tout cela pour justifier d'une chose importante : il faut apprendre aux jeunes atteints d'autisme à décoder nos émotions d'une part, mais aussi à savoir exprimer les leurs. On peut penser que ce travail n'est pas à faire par une enseignante... et c'est faux pour deux raisons :

 

  • La première est que quand on travaille dans le milieu spécialisé, il faut s'adapter aux "B.E.P" de ses élèves (les besoins éducatifs particuliers). Or les élèves atteints d'autisme ont énormément de lacunes dans le domaine des interactions sociales et ces lacunes les empêchent souvent d'entrer dans les apprentissages. Si on veut qu'ils progressent sur le plan scolaire, il faut alors commencer par travailler ce domaine afin d'ouvrir les portes vers les compétences habituelles des programmes.

 

  • Le seconde raison pour laquelle l'apprentissage des émotions doit faire partie de l'enseignement scolaire, c'est tout simplement parce que cela fait partie des compétences à acquérir au cycle 1 (Dans les programmes de juin 08, dans « DEVENIR ÉLÈVE », on trouve : « À la fin de l’école maternelle l’enfant est capable de : contrôler ses émotions. »)

 

 

 

Les deux facettes du travail sur les émotions :

1- savoir les décoder

2- savoir les exprimer.

 

Je me suis tout d'abord rendue compte de l'importance de la première partie du travail, c'est à dire "savoir reconnaître les émotions sur le visage des autres".

 

C'est quelque chose qui saute aux yeux dès les premiers jours où l'on travaille avec des élèves atteints d'autisme : ils peuvent rire quand on les gronde et avoir très peur si on est ému aux larmes. Ce n'est pas parce qu'ils sont heureux qu'on soit en colère, ni parce qu'ils ont peur de notre émotion ! C'est parce qu'ils ne comprennent absolument pas ce que cela veut dire quand on fronce les sourcils ou qu'on a la chair de poule.

 

C'est une des nombreuses choses qu'ils doivent apprendre de façon précise alors que c'est inné chez les autres enfants (même s'ils ne naissent pas avec cette reconnaissance, les enfants NT comprennent toutes ces choses seuls, en observant et analysant leur entourage dès leur naissance).

 

La première fois que j'ai rencontré les parents de mes élèves, la maman de l'un d'entre eux m'a raconté une mésaventure qui a fini de me convaincre de l'intérêt de ce travail :

Elle était en courses avec son fils et un inconnu a fait un malaise cardiaque. Il est tombé sans connaissance et tout le monde autour était atterré : on a appelé les pompiers et la foule exprimait beaucoup d'inquiétude - les visages étaient fermés.

Mon élève, lui, s'est mis à rire de façon incontrôlable : il avait un fou rire.

Sa maman m'a avoué avoir eu un peu honte de lui a cet instant, car tout le monde le regardait en pensant qu'il était odieux de se réjouir du malheur des autres (ce n'était pas le cas, évidemment, on le comprend bien quand on sait qu'il est autiste - mais ça ne se voit pas sur son visage).

Cette anecdote n'en est qu'une parmi de nombreuses autres : il est vraiment très important de travailler cette compétence avec de jeunes autistes.

 

 

 

La seconde partie du travail paraît peut-être moins importante, mais elle est capitale : il s'agit de "savoir expliquer ce qu'on ressent".

Je ne vous parle pas de psychanalyse ! Même si on sait tous que le fait de dire à d'autres ce qui nous tracasse peut nous aider à surmonter nos petits soucis.

 

Les personnes atteintes d'autisme ont beaucoup de mal à communiquer. Certains de mes élèves ont mis des années à apprendre à demander quelque chose ("Est-ce que je peux avoir un crayon ?" par exemple, peut prendre énormément de temps - et je parle de ceux de mes élèves qui sont verbaux).

 

Sachant cela, on peut se dire que le fait de leur apprendre à expliquer ce qu'ils ressentent sera trop difficile et pas assez rentable pour s'engager dans un projet aussi long ! Pour envisager cet apprentissage, il faut vraiment être sûr que ça en vaudra la peine !

 

Il se trouve que ça en vaut la peine. TOUJOURS. Je suis persuadée que cet apprentissage est incontournable.

 

Je ne l'ai pourtant pas réalisé avec tous mes élèves par manque de temps, mais je le regrette infiniment pour ceux avec qui je ne l'ai pas fait.

Savoir dire qu'on a mal au ventre quand on a mal au ventre.

Savoir dire qu'on est en colère parce que le bus n'est pas passé par les mêmes routes que d'habitude.

Savoir expliquer qu'on a peur de se mettre à côté d'Untel à la cantine parce qu'il peut être imprévisible ou qu'il est trop actif.

Savoir dire : "Non, je ne veux pas danser avec toi parce que j'ai envie de danser tout seul." à la boum des anniversaires.

Savoir expliquer qu'un bruit nous gêne même s'il ne s'agit que du souffle d'un rétroprojecteur qu'on est le seul à entendre.

Autant de situations où ce que l'on ressent pourrait nous faire faire une crise terrible si on n'arrivait pas à l'exprimer.

 

 

RDV à la page Des outils pour travailler sur les émotions. pour voir les outils que j'ai construits pour ce projet.

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