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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 12:53

Pour apprendre à gérer les crises, qui peuvent être très violentes parfois, surtout à l'âge de l'adolescence (mes élèves sont presque tous plus grands et plus forts que moi), il faut du temps...

 

Il faut du temps et il faut de l'expérience...

Au début, j'étais un peu perdue quand mes élèves allaient mal : je ne trouvais pas les mots pour les calmer, et pour cause ! Les mots ne sont pas forcément ce dont il faut se servir !

Maintenant que je connais bien mes élèves et que j'ai l'habitude, j'ai appris plusieurs choses :

  • La première est de garder mon sang froid !

Si on panique, on angoisse encore plus le jeune qui est déjà dans une panique quand il crise... Il faut donc savoir rester cool en toute occasion.

 

  • Et puis il faut réagir différemment selon les habitudes du jeune, et selon son caractère.

Certains auront besoin de calme, d'autres de se dépenser, d'autres encore de reprendre leur emploi du temps normal et leurs repères habituels...

Il faut s'adapter !

 

 

Pour réaliser cette page, je me suis largement inspirée du blog d'une maman qui explique très bien comment elle s'y prend avec son fils (je l'avais remerciée au moment où j'avais trouvé son article - il y a 2 ans environ, mais je recommence : merci madame ! vous m'avez bien aidée !).

C'est ici : le blog d'Antoine

 

 

J'ai repris tout ce qu'elle écrit, et je l'ai transposé pour mes élèves.

 

Voilà ce que ça donne :

Il s'agit de comment réagir ou ne pas réagir pour aider l'élève à se calmer.

 

Les personnes atteintes d’autisme peuvent faire des crises de panique. C'est ce qu'on appelle habituellement des troubles de comportements.

C’est souvent une résultante d'une situation mal comprise ou d'un événement qui va les mettre en état de panique.

Attention ! Souvent, mais pas tout le temps : pour certains de mes élèves, on a beau chercher et noter tout ce qui a eu lieu avant la crise, il arrive qu'on ne sache pas à quoi elle était due...

Voir Le livre de B. Sellin, où il dit : "je pense qu'une véritable peur comme aujourd'hui je l'ai sans raison subitement cette angoisse est là et sans raison intérieure elle a disparu de nouveau".

 

(Il est intéressant d'essayer de comprendre ce qui influence l'apparition des crises afin de travailler avec l'élève des situations similaires et de lui apprendre à mieux gérer son comportement dans ces moments là.)

 

Chaque fois qu'une personne avec autisme "combat" un crise et réussit à bien se comporter alors que l'angoisse monte, cela la fatigue énormément.

Stefany Bonnot (qui est diagnostiquée Asperger et dont le métier est d'aider les AVS qui s'occupent d'enfants autistes) parle de "capital énergétique".

Elle explique que tous les matins, elle calcule ce qui risque de la troubler. Pour cela, elle part d'un capital énergétique de 100% et le diminue au fur et à mesure afin de calculer et de rendre sa journée "gérable".

Elle explique par exemple que si elle prend le métro le matin, elle attaque déjà beaucoup son capital énergétique... donc si sa journée doit être compliquée par ailleurs, elle calcule qu'il vaut mieux prendre un taxi, afin de garder de l'énergie pour les autres choses angoissantes.

 

 

Les crises ne sont pas une conséquence d'un caprice ou d'un non-respect des limites, mais bien des crises de panique face à des situations très difficiles à gérer pour une personne avec autisme.

Il est facile de comprendre que gronder l'élève à ce moment là ne sert qu'à accentuer encore sa panique... c'est donc à éviter.

L'élève angoissé a besoin de cadre. Il a besoin qu'on prenne les choses en main pour lui, qu'on sache à sa place car lui est perdu.

Ce n'est absolument pas le moment d'expliquer, ni de dialoguer, et surtout pas de proposer des choix ou de poser des questions ! (Le genre : "Ça ne va pas ?", "Tu veux arrêter l'activité ou tu veux continuer ?"...)

 

Il faut parler le moins possible et montrer à l'élève que si lui est perdu, nous ne le sommes pas, nous : nous sommes parfaitement maîtres de la situation et tout va bien.

Parler le moins possible, résoudre le problème qui se présente, éventuellement donner une explication claire et courte, puis reprendre les habitudes et l'emploi du temps établi.

 

Pour résumer, en situation de crise, surtout rester calme, ne pas paniquer soi-même, ne pas se fâcher, ne pas s'énerver, parler le moins possible et éventuellement maintenir l’élève (plutôt en silence) dans l'angle d'une pièce pour l'empêcher de se faire mal...

 

Il sera toujours temps ensuite de revenir sur ce qui s'est passé, quand la situation sera redevenue calme. C'est-à-dire analyser les événements déclencheurs, si possible avec le jeune, lui expliquer ce qu'il a mal compris si c'est le cas, et mettre au point avec lui une stratégie pour la prochaine fois.

 

Chaque élève est différent... leurs crises sont donc toutes différentes. Certains sont très violents contre eux mêmes (se tapent la tête contre les murs, se mordent, se pincent...) Ou contre les choses : attention aux objets qui volent.

Rarement, ou quand on s'interpose, il arrive qu'on soit la cible.

 

 

Ces comportements sont souvent observés quand l'élève est non verbal : il ne peut pas expliquer son angoisse, et cela le frustre encore plus.

D'autres se mettent à rire sans raison et sans arrêt. Ou posent sans cesse les mêmes questions (qu'ils écoutent ou non la réponse, la question revient de toute façon sans cesse). Ils peuvent aussi se balancer, mettre en place des stéréotypies pour essayer de retrouver leur calme. Certains se plaignent : cela peut être de simples phrases répétées - "J'ai mal aux pieds", "J'ai mal à la tête", "Je veux voir le docteur"... pour expliquer un mal-être ; mais cela peut aussi aller jusqu'à expliquer à chaque personne rencontrée "Je ne vais pas bien aujourd'hui parce que..." et cela peut durer des heures à chaque rencontre !!

Tous ces comportements sont plus ou moins inadaptés...

A vous de voir lesquels sont à proscrire totalement mais aussi quels sont ceux qui peuvent être acceptables, et dans quelle mesure.

Est-il vraiment utile d'interdire à un jeune de passer ses mains devant ses yeux quand il a fini son activité ?

Par contre, si ce comportement est envahissant et qu'il ne fait que ça (les activités en autonomie sont impossibles), il faut trouver une solution, ou une alternative.

 

 

Pour diminuer l'apparition des crises, il est très important de ne pas les occulter pendant les périodes calmes.

On a tendance à vouloir profiter des ces semaines sereines !

Ces répits nous font tellement de bien qu'on croit qu'ils dureront toujours !

Mais ce n'est pas le cas ! Et ces moments sont les meilleurs pour travailler.

Quand l'élève présente une forte résistance aux changements par exemple, il ne faut pas attendre que les changements soient accidentels.

On peut en "prévoir" : mettre un item blanc (ou avec un point d'interrogation) dans l'emploi du temps pour commencer par exemple - cela permet d'avoir une activité inconnue dans la journée (cela peut être toujours au même moment de la journée dans un premier temps, ce qui créé quand même une routine rassurante au début).

 

Quand l'élève est non verbal, lui trouver un système de communication alternatif peut évidemment l'aider

Il faut alors penser à lui permettre d'exprimer ses émotions, mais aussi s'il a mal quelque part.

 

 

Si le niveau de l'élève le permet, il est possible de construire ensemble des scénarios sociaux qui permettent de décomposer les actions, donc de les rendre simples pour l'élève avec autisme, même quand il est en crise.

 

 

Remarque : cet article était une page... mais je n'ai le droit qu'à 30 pages, alors j'ai dû le changer de place !

Je vais maintenant pouvoir écrire une autre page !! Désolée pour le dérnagement !

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Published by bab0611 - dans En général.
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commentaires

Bernadin Lenny 03/05/2015 00:38

Oui parfois je panique si quelun fait le mouvement brusque moi je suis non verbale

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